La photo animalière
calin de zebre , parc etosha

La photo animalière

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Le thème du mois d’octobre était “La photo animalière”.

Au cours des séances du mardi soir nous avons procédé au visionnage et à l’analyse de diverses photos, prises lors de la sortie mensuelle qui a eu lieu les 17 et 19, à Conleau, le long du Vincin, avec la participation de 20 membres du club au total et de celles exposées sur la galerie du site par une quinzaine d’adhérents avec une grande diversité.

Vous retrouverez les différents conseils proposés lors de ces réunions dans l’article ci-dessous rédigé par Michelle, Loïc, Serge et Tugdual :


L’IMPORTANCE DE L’ANTICIPATION

Pour la photo animalière, il est conseillé de prévoir à l’avance un matériel adapté, selon que l’on part en expédition « oiseaux , faune sauvage, animaux domestiques, prises de vues sous-marines, insectes). Le matériel ne sera pas le même pour photographier un lion dans la savane, un papillon sur une fleur ou un poisson dans son milieu naturel. Le sujet est tellement vaste, qu’il existe plusieurs techniques photographiques et matériels différents. Il faudrait donc plusieurs cours pour couvrir dans le détail un tel sujet. En décembre 2019, nous avons déjà traité la « macrophotographie ». Dans ce résumé général, nous abordons surtout quelques règles de base pour :
1° – les animaux sauvages
2° – les animaux domestiques
3° – les animaux marins
4° – les bestioles


ANIMAUX SAUVAGES

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Par principe, il est difficile d’approcher un animal sauvage sauf peut-être au zoo ou dans une réserve dédiée. Il est donc conseillé de se munir d’un téléobjectif ou d’un zoom plus polyvalent (minimum 70-300mm). Si votre téléobjectif n’est pas assez puissant, un convertisseur de 1,4 ou 1,6 peut être très utile malgré une légère perte de luminosité. Un boitier ou un objectif stabilisé est également un vrai plus. Le trépied équipé d’un collier de pied avec rotule ou un monopode peut s’avérer indispensable essentiellement à l’affût, ainsi qu’un camouflage, un déclencheur à distance et un siège pliant léger si on pense rester sur place un certain temps. Actuellement, il existe des boitiers qui permettent de faire d’honnêtes photos d’animaux sauvages sans s’encombrer d’un trépied lorsqu’on doit faire des km à pied. Toujours prévoir d’emporter une batterie et une carte de rechange mais ceci est valable pour toutes les sortes de photos dès lorsqu’on est loin de chez soi. Dans un zoo ou parc animalier, faire attention à ce que les grillages ou autres protections n’entrent pas dans le champ de la photo (éviter le grand-angle). Les grillages parasitent l’autofocus et la mise au point ne se fait pas sur l’animal.
Animaux derrière un vitrage
Faire la mise au point manuelle sous peine que l’automatique se règle sur la vitre. C’est également valable pour photographier un paysage depuis un hublot d’avion, de bateau, ou dans un autocar.
Oiseaux
Il est recommandé de photographier en autofocus continu et souvent en rafales. Le trépied est très utile lorsqu’il s’agit de photographier les oiseaux du jardin si l’on a disposé des mangeoires ou bains d’oiseaux ainsi que des nichoirs. Il suffit de régler l’appareil et la mise au point à l’endroit où les oiseaux sont sensés se poser, pour déclencher soit directement du boitier, soit à l’aide d’un déclencheur à distance.

ANIMAUX DOMESTIQUES

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Un matériel classique est généralement suffisant. Les animaux sont proches ou se laissent approcher facilement, ils ne présentent pas plus de difficultés que les photos de personnages. Priorité vitesse ou mode sport ou portrait ou mode P, voire automatique selon les cas.

INSECTES

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Comme pour les oiseaux, on photographie en autofocus continu et souvent en rafales. La macro en extérieur se pratique surtout par temps clair avec un objectif ou zoom qui ouvre à f 2,8 ou à f4 constant. Certains zooms indiquent une fonction macro. En fait il s’agit surtout de « photo rapprochée ». Une vraie photo macro demande un objectif ou zoom spécifique. Un flash externe annulaire ou un flash externe avec diffuseur est un plus appréciable dans des situations peu lumineuses. On conseille souvent le trépied avec une rotule, or, par expérience, il est souvent difficile de le déplacer au gré des insectes volants imprévisibles qui ne se mettent presque jamais là où on les attend et il devient plus un frein qu’une aide dans beaucoup de circonstances. Il est souvent préférable de retenir son souffle ou de se positionner sur un support à proximité, d’être suffisamment mobile. Pour plus de détails se reporter au topo de l’an passé.


FAUNE SOUS-MARINE

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Elle est plus l’affaire de spécialistes et nécessite un matériel dédié souvent onéreux – boitier parfaitement étanche – caisson de protection – objectifs macro ou grand-angle étanches. Le flash est indispensable et les soins de rinçage du matériel obligatoires pour la longévité des pièces soumises à l’eau salée. Un topo pourrait être envisagé par nos spécialistes du club.

Cas particulier des aquariums : Pour des clichés pris dans des aquariums, il est important de faire très attention aux reflets avec souvent la nécessité de se déplacer par rapport à la source d’éclairage. (peut être efficace également, le recours au filtre polarisant)
Voir le lien ci-dessous :
www.subea.fr/10-astuces-pour-debuter-et-evoluer-en-photo-sous-marine


NOUS PROPOSONS

1 – sujet peu mobile : priorité ouverture – iso auto – mise au point automatique et éventuellement trépied, ou tout manuel selon les cas.
2 – sujet mobile : Mise au point automatique, mode continu – plutôt priorité vitesse – iso auto – rafales (oiseaux en vol)
3 – La priorité ouverture, si elle permet un beau bokeh engendre le plus souvent du flou sur les animaux en mouvement mais peut donner des photos très artistiques lorsqu’elles sont réussies.
4 – La mise de l’appareil photo en mode déclenchement silencieux est un + pour les sujets proches.
5 – Faire la mise au point sur l’œil comme pour des portraits (dans la mesure du possible). Nous recommandons vivement de lire ces articles très bien faits sur la problématique de la photo animalière:
http://vivre-de-la-photo.fr/quel-objectif-choisir-pour-la-photo-animaliere
https://lesdeuxpiedsdehors.com/objectif-photo-animaliere
https://youtu.be/L5uZeGDjQEg
https://jean-marie-seveno.fr/portfolio/complainte-polaire/
Qui résument parfaitement les contraintes, les constantes et la meilleure façon de photographier les différentes catégories d’animaux.
NB – Les appareils les plus récents proposent une montée en Iso nettement supérieure à ce qui se faisait il y a seulement 3/4ans avec une nette amélioration du « bruit », ce qui permet assez souvent de laisser les ISOS complètement en automatique .


NOS METHODES

1° – Méthode de Serge
Je ne suis pas un spécialiste de la photographie animalière , mais j’apprécie autant la photo en billebaude qu’en affût ( affût plutôt court ! ). Pour le matériel je dispose d’un ancien Nikon D 7100 et depuis un an d’un Nikon Z 6 ( avec bague d’adaptation FTZ ). j’ai fait le choix d’un objectif Nikon DX 18-300 mm stabilisé , très pratique en voyage ainsi qu’ en balade pour les photos d’animaux , pour la macro , un Sigma 105 mm 1:2,8 DG Macro HSM . Ah , c’est bien connu par les copains du club photo que je suis un grand technicien …….. !!!!!!!!! . Pour l’affût, j’utilise plutôt la priorité à l’ouverture , l ’autofocus, peu le mode manuel , et la sensibilité généralement en iso auto. Pour la macro, autofocus, priorité vitesse en continu et rafales, iso auto, et si le sujet est assez immobile ( agrion par exemple ) je passe en manuel. Enfin, pour les oiseaux, je fais comme Michelle avec mise au point en AF-C avec suivi du sujet .
2° – Méthode de Loïc
Je n’ai pas de méthode bien appropriée, mais je pense qu’il faut pratiquer la photographie animalière tôt le matin ou dans la soirée. Être bien à l’affût doit donner de bons résultats, inconvénient il faut s’armer de beaucoup de patience. Au niveau du matériel : Il faut un boîtier qui monte dans les isos sans donner trop de bruit numérique, accompagné d’un ou de plusieurs objectifs lumineux. Avoir une bonne connaissance sur la vie des animaux et bien connaître les lieux de passage fréquentés par ces animaux. Il est important de respecter leur environnement naturel. Les photos doivent être prises avec égard et sans dérangement de la vie animale .
3 – Méthode de Michelle
Pour les oiseaux et animaux sauvages, je privilégie la priorité vitesse ou le mode « sport » avec autofocus continu, sauf s’ils sont
au repos, dans ce cas, la priorité à l’ouverture est une bonne option. A part dans le jardin où j’ai disposé des mangeoires et nids pour les oiseaux, je ne fais plus d’affut. Porter un trépied que je trouve de plus en plus lourd… (est-ce une idée?) est assez dissuasif. La photo animalière demande beaucoup d’observation de la nature et de la patience. En expédition, il arrive de rentrer bredouille. Ce sont les animaux qui décident du lieu et de l’heure, pas nous. En ce qui concerne la macro avec mon boitier Canon et mon objectif 150mm macro Sigma, je pré-règle le boitier en priorité vitesse pour tous sujets en mouvements. Je pose une limite de 1600 aux ISO. Au-dessus de ce nombre, le bruit devient trop présent et nécessite un traitement qui n’est pas toujours optimal. Le mode « rafale » est souvent utilisé. J’évite de photographier lorsqu’il fait très nuageux ou trop sombre, le flash donnant un effet trop artificiel à mon goût. Je me suis récemment offert un hybride Sony RX10-iv. Équipé de son zoom Zeiss Vario-sonar 24-600 à ouverture f 2,8 – 4,0 et d’un stabilisateur. Avec un tel zoom, par ailleurs très bon, cet appareil fait tout. En voyage ou rando, c’est le « top ». Par contre j’ai gardé mon reflex Canon 80D équipé de son zoom macro 150mm Sigma pour les petites bêtes car le Sony n’ayant pas la possibilité de changer d’objectif, il ne peut faire que de la photo rapprochée pas de vraie macro.
4 – Méthode de Tugdual
Avant de partir en « safari », la première chose à faire est d’apprendre le plus de détails possibles sur les animaux que l’on veut voir : à quoi ils ressemblent, quel est leur chant, leur régime alimentaire, comment reconnaitre le mâle de la femelle ou encore l’adulte des petits… Il est bon de connaitre son régime alimentaire et ses heures de repas, son habitat, son territoire de chasse… Sur le terrain, mes oreilles me servent bien avant mes yeux, parce que presque tous les animaux ont un plumage ou une robe qui leur permet de se fondre dans la nature afin de mieux assurer leur< sécurité. Leur chant, leur cri… me renseignent sur leur présence, la< direction dans laquelle me diriger et la distance à faire. A ce titre, le faisan et la perdrix sont sympas : ils se rappellent les uns et les autres et leur chant s’entend à une centaine de mètres à la ronde ! (N’empêche qu’ils savent aussi courir avant de voler !) Ensuite, pas de geste brusque, pas de mouvement qui sera considéré comme agressif faute de quoi l’animal s’en ira (bon, un escargot ou une tortue offriront au photographe un chance supplémentaire). L’odorat de l’animal est souvent supérieur au nôtre : la bête pas si bête nous aura repérés la première. Elle peut aussi être douée d’une vue incroyable (rapaces tels que buse, faucon, épervier…) Il faut donc se laisser apprivoiser l’un par l’autre.< Attention que tous les animaux auront tendance à confondre notre appareil photo avec un fusil : j’ai vainement tenté d’inviter ces rapaces au « Cours des Debs » le mardi de 16 à 18 heures afin qu’ils apprennent la différence, mais ils ne savent pas lire mon bristol ! Pour la photo animalière, j’utilise mon boîtier Nikon D7000 que j’associe avec plusieurs types d’optiques selon ce que je veux photographier et la manière dont je le fais (fixe ou mobile) et sur des sujets en déplacement ou non : Pour les tous petits animaux tels qu’insectes et petits engins volants, j’associe un zoom Nikon 18-108 3.5-5.6 à une bague macro 12, 20, 25 ou 36 mm qui toutes me permettent de conserver l’AF que je règle sur automatique (AF-A pour les Nikonistes – il sait s’adapter tout seul selon que le sujet soit immobile ou bouge) et je shoote en mesure spot à un collimateur central. Ces petits animaux se prennent facilement au posé et la capture photographique n’est pas en soi compliquée, hormis les questions de macro (cf l’an dernier), ce qui n’empêche pas d’en manquer un paquet. Je travaille le plus souvent en manuel ce qui permet de bien prendre en compte la profondeur de champ et la vitesse. Reste la question de la sensibilité : comme vous le savez, je suis adepte de travailler avec peu d’Iso, ce qui améliore le rendu et évite le bruit mais fait mauvais ménage avec la vitesse… alors des essais s’imposent. Pour les amateurs, je vous propose de shooter des fourmis qui se promènent sur un tronc de chêne : on shoote presque ton sur ton et les bestioles se baladent plutôt vite ce qui impose à l’AF d’être très réactif. En outre, la profondeur de champ est réduite et l’exercice est un bon entrainement. Et pour les plus amateurs je propose un focus staking que Cyr se fera un plaisir de commenter ! Pour les bêtes un peu plus grosses, j’utilise mon Sigma 150-500 1 :5-6.3 (celui que je vous ai présenté et avec lequel j’ai fait la sortie). Il est fait pour cet exercice mais il a un inconvénient de taille : son poids (2,5 kg hors boitier). Ceci a pour conséquence qu’il faut être capable de shooter très vite pour ne pas bouger (même avec entrainement) et de parfaitement maîtriser sa respiration (le bout monte à l’inspiration et baisse à l’expiration) : l’engin est stabilité dans les deux directions mais tout de même. Je travaille parfois en faisant monter les Iso parce que la longueur du tube « bouffe » un peu de lumière, alors si on veut shooter vite… L’AF est trop lent compte tenu du poids de l’ensemble, sauf une luminosité importante qui permet des contrastes importants sur lesquelles l’AF accroche tout seul : à défaut, je travaille alors en mode priorité ouverture et en mise au point manuelle, c’est-à-dire que je tourne la bague de mise au point au fur et à mesure que je vise (les ingénieurs ont eu la bonne idée de placer cette bague au niveau de la poignée du zoom). Ainsi, j’accompagne l’animal s’il se déplace et conserve la faculté de déclencher plusieurs fois puisque le mode rafale n’est pas ici nécessaire. Si je shoote des animaux immobiles ou que je suis à l’affût, le pose le boitier (ou plutôt l’objectif) sur un monopode qui soulage mes pauvres petits bras. La mise au point peut alors être facilitée par des mouvements d’avant en arrière (itou en macro ou avec des bagues) et le mode rafale peut se concevoir. Si la luminosité est suffisante, je passe à l’ AF automatique. Histoire de jouer, je sors parfois un 800 mm à miroir. Amusant mais moins qualitatif, cet engin de paparazzo (singulier de paparazzi) nécessite un rien d’entrainement parce qu’il s’utilise en mode manuel, est à ouverture constante à 8 (il faut un peu de lumière et dans les sous-bois ce n’est pas toujours le cas) et le déplacement d’un micro-pouième de la bague de mise au point est amplifié par les miroirs. Si son angle est incompatible avec le soleil, la photo comportera des myriades d’effets de flare sous la forme de polygones qui peuvent être esthétiques mais qui ne plus souvent échappent totalement à mes talents créateurs (si tant est que j’en aie !) Bref, je ne pense pas qu’il y ait une méthode, mais plutôt des méthodes, et surtout celle qui convient le plus au photographe. Tout ce que je sais, c’est que la photo animalière est une école de simplicité et d’humilité dont la quantité de photos qui partent à la poubelle est une marque simple!
Et surtout n’oubliez pas : la photo est un plaisir, alors amusez-vous bien !