CHRONIQUE DE DECEMBRE 2015-12-06

CHRONIQUE DE DECEMBRE 2015-12-06

CONFIDENCES D UN CANON 70D

Désabusé par des années de photos de Noël plus ou moins bonnes, j’ai bien envie de passer la main à mon copain le FUJI X 30, du moins pour celles du matin de Noël. Eh oui, je déprime !

Évidemment, mes photos, comparées à celles d’une armada de smartphones et compacts basiques, sont nettement meilleures mais bon… j’ai ma fierté tout de même ! Tous les ans on compte sur moi pour immortaliser les petits et les grands sous le sapin et je suis frustré par les mauvais résultats. Suis-je nul ? Je suis même obligé de me laisser un peu manipuler pour prendre ma patronne avec la famille, mais quelle honte, quand je lui renvoie une image floutée ou la tête coupée !.

Non, je vous dis, cette année j’abdique.

Pour les photos « officielles » près du sapin illuminé le soir du 24, avant que passe le Père-Noël, je serai encore à la manœuvre, comme pour un mariage. Tout le monde compte sur moi : chacun son tour avec les enfants, puis les enfants des enfants…, mais à cause du manque de recul, si je veux avoir les têtes qui culminent à 1m80 du sol et celle des petits 1m plus bas, de dois couper les jambes. Je ne peux quand même pas faire agenouiller les arrières grands-parents !

Et le lendemain matin…

Imaginez : dans un petit appartement parisien, une ex-petite chambre d’enfant transformée pour l’occasion en salle de réception du Père-Noël…Énorme sapin et des amoncellements de paquets cadeaux. Pas de recul et une porte-fenêtre qui méchamment vous oblige à shooter les enfants en contre-jour, ou, de nuit, vous renvoie votre éclair de flash comme un boomerang.

Obligation de prendre les photos depuis la porte si l’on veut éviter d’écraser un paquet. Il faut aussi jouer des coudes pour trouver une petite place entre les smartphones des parents. Seules les petits nains aux petits pieds peuvent se frayer un chemin vers le sapin. Le Père-Noël a du décharger toute sa hotte ici ! J’ai même pensé un moment prendre les photos en me mettant à plat ventre par terre à la porte, mais l’idée d’être peut-être piétinée me fait renoncer à cet angle photographique plutôt réservé à la macro.

Et je fais quoi moi avec un zoom 18-135qui ouvre à f 3.5 mais n’est pas performant à cette ouverture ?. On peut, bien sûr, jouer avec les Iso. « ozéléozizo » disent-il dans la pub pour Swarovski optik. Ouais … mais cela fait aussi grimper le bruit. DXO et Lightroom au secours !!! J’oubliais que ma vitesse doit impérativement afficher au moins 125 ou 250 pour avoir nets les petits pirates aux gestes vifs et éphémères.

Ah oui ! Et le Flash ! je pourrais porter le flash sur ma tête, mais tous les ans j’en parle à ma patronne et tous les ans elle finit par renoncer : » excuses-moi mais c’est encore un poids de plus à trimbaler dans le sac à dos et dans le train, l’intégré fera l’affaire ». Je la comprends, pour moi aussi c’est lourd.

On peut changer mon zoom pour le 50mm fixe qui ouvre à f 1.4 mais sans recul possible, il n’est pas dans la course. Et puis, autre question récurrente : comment flouter un arrière-plan qui n’est pas terrible mais si rapproché que je ne peux l’éviter…

Non je vous dis, je vais céder la place au Fuji, déclaré « compact expert », quand même !. Son grand-angle n’est que de 28 mais par contre il a l’ouverture et le programme « contre-jour » pour faire la nique à la porte-fenêtre qui me guette. D’ailleurs, il est tout heureux pour une fois d’être celui qui va recueillir l’émerveillement des enfants à leur réveil. Cela va me manquer, c’est sûr !.

J’essaierai de me rattraper pour le repas de famille et le déballage des cadeaux pour les adultes. Là aussi, j’en ai des sueurs froides rien que d’y penser !

Hélas, je ne pourrai éviter la guirlande qui court sur le living, le sac à main posé n’importe où, la télévision, le Père-Noël en tissu qui grimpe après le lampadaire, la bouteille d’eau minérale qui trône sur la table, une photo de mariage encadrée kitch sur la bibliothèque, la demi-tête d’un convive qui s’invite impromptu dans le viseur, le gamin qui fait la grimace quand j’appuie sur le déclencheur, la plus petite qui disparaît derrière un papier cadeau tout froissé, une jambe qui dépasse du canapé (si je l’évite, je coupe la tête de la maîtresse de maison), une autre grande baie vitrée qui va mettre à mal ma balance des blancs …

Vous m’avez compris, s’il n’y avait pas le plaisir différé de retrouver, bien plus tard, dans les livres ou albums photos, les merveilleux souvenirs de notre passé, je resterais tout simplement à la maison, bien au calme… « Ces photos c’était avec mon Canon 70D – un bon appareil pour l’époque ! Tu veux le voir ? il est au Musée de la photo… » dirait ma patronne à ses arrières petits-enfants. Allons, allons … reprends toi !

Pour le présent je fais quoi ? Je clique tout en automatique et je profite de la fête ? A moins que…Et si je demandais conseil à notre Club-Photos « Mégaclics » :

1° Comment réduire le bruit avec Ligthroom en post traitement

2° Comment flouter un peu l’arrière-plan toujours avec Lightroom

3° Quelle profondeur de champs mini pour avoir tous les personnages d’une tablée nets

4° jusqu’où monter raisonnablement les Iso

Après tout, c’est peut-être tout simplement ma patronne qui s’y prend mal (mais ne lui dites pas, elle serait vexée).

A bientôt

Canon 70D

Par Michelle Saint Guily